Un nouveau moteur de recherche pour les archives britanniques !

Aujourd’hui est lancé « Discovery » , le nouveau moteur de recherche des archives nationales britanniques (The National Archives)

Celui-ci permettra de commander et visualiser des milliers de documents en ligne et de remplacer à terme le moteur de recherche existant. Appréciable attention, les interruptions de service pour raisons techniques sont assez vite signalées ce qui permet à chacun d’organiser au mieux son travail !

Plus d’infos sur : Discovery 

Ascenseurs réparés en Anderlecht

Je reprend ici la nouvelle du site des AGR :

« Documents d’archives à nouveau consultables aux Archives de l’État à Anderlecht
Bonne nouvelle ! Dès ce mardi 10 avril, vous pourrez à nouveau consulter les documents d’archives dans la salle de lecture des Archives de l’État à Bruxelles (Anderlecht). L’ascenseur qui donne accès à quelque 12 kilomètres d’archives est en effet réparé ! Vous pouvez également y consulter la collection de microfilms, quelque 22.000 registres paroissiaux numérisés ainsi que les registres d’état civil du Brabant wallon numérisés.  » ca va faire des heureux. des heureux et des soulagés !

Musée d’Afrique Centrale

Une visite familiale m’a permis de passer façon « visite éclair » au Musée d’Afrique Centrale de Tervueren, outre les « anciennes » collections,toujours impressionnantes,l’expo temporaire « Uncensored » permet,avant les grands travaux prévus cette année, de découvrir ‘l’envers du musée » et notamment les collections entreposées dans les caves. Pour ne citer qu’un exemple,les 1500 appuie-nuques dormant sagement sur des dizaines d’étagère ou encore ces tonnes de cranes d’éléphants et autres collections de cornes.  Une très bonne initiative,à découvrir, très rapidement !

Archives de l’Etat à Anderlecht (travaux)

Je reprend ici texto ce qu’on peut trouver sur le site des Archives Générales du Royaume :

« Depuis juin 2011, les ascenseurs des Archives de l’État à Anderlecht tombent continuellement en panne en raison d’eaux souterraines montantes. La Régie des Bâtiments ne parvient actuellement pas à résoudre ce problème.
Longtemps, le personnel du dépôt a fait d’immenses efforts pour aller chercher via les escaliers les documents demandés en consultation. Pour des raisons logistiques, cette situation est malheureusement devenue intenable.
À partir du mardi 6 mars 2012, les documents d’archives ne seront temporairement plus mis à disposition des lecteurs pour la consultation.
La salle de lecture reste ouverte au public et la lecture des documents déjà donnés en consultation reste possible. La collection de microfilms et la salle de lecture numérique sont également accessibles.  »

Pour rappel, sont consultables par ce biais les archives notariales,les greffes scabinaux du Brabant,les archives du Conseil du Brabant et bien d’autres trésors encore. Pour patienter, nous avons toujours les microfilms de l’Etat Civil et des Registres Paroissiaux à disposition. Ceci lance un débat très intéressant sur les moyens accordés aux Archives,et notamment ceux pour entretenir les infrastructures, nous y reviendrons c’est certain !

L’Au Revoir à Pierre Goubert

Ce grand historien est décédé en janvier 2012 à l’age de 96 ans. Si je  vous parle ainsi de cet auteur mal connu du grand public, c’est que cet homme qui a gravi les échelons académiques, ses parents étaient en effet d’origine modeste,a toujours eu à coeur d’axer ses recherches en partant du point de vue du peuple, de la population et ce depuis ses débuts et sa thèse sur Beauvais et le Beauvaisis dont est issu l’ouvrage  » 100 000 provinciaux au XVIIe siècle,Beauvais et le Beauvaisis de 1600 à 1730″. Thèse qui devint un modèle pour les études de territorialités et d’histoire locale.

Fidèle en ceci à l’école des Annales et à son Maitre de thèse Labrousse, Goubert  avait à coeur,au contraire des pompeuses recherches du dix-neuvième lesquelles remplissaient également un service politique, d’effectuer des recherches historiques ascendantes  et si son travail me touche autant c’est qu’à mon sens, la même démarche doit nous animer au point de vue généalogique.

Partir de l’analyse de la vie des gens et des actes importants dont il reste des traces pour effectuer une radiographie d’un lieu,d’un village,d’un métier. Le tout en utilisant rigueur et méthodes de recherches et ce,que l’on soit professeur d’université ou « amateur » (notion auquel je préfère le terme de « practicien »).

J’apprécie et j’apprécierais encore longtemps cet auteur dont je trouve l’approche tout à la fois intéressante et instructive, le style pédagogique sans être pesant.

Au revoir,Monsieur Goubert, et merci !

Deux vaisseaux fantômes

Il est des moments où l’actualité fait dramatiquement écho à des recherches historiques en cours ou à des anniversaires-clé et ironie du sort c’est encore le cas aujourd’hui alors que l’on s’apprête à commémorer l’anniversaire du naufrage de l’ « insubmersible »  Titanic avec le naufrage du Costa Concordia au large des côtes italiennes le vendredi 13 janvier 2012 et dont on ne connait pas encore le nombre total de victimes.

Une des premières information disponible faisait état d’un récif ayant déchiré la coque de l’immense navire et tout de suite les comparaisons avec le plus célèbre naufrage au monde,celui du Titanic en 1912 ont fusé tant de la part des victimes et témoins directs de la catastrophe que des médias relatant l’évènement.  Or, si la catastrophe italienne fait penser au drame du Titanic, ce n’est pas tant dans les circonstances précises que dans le fait du naufrage lui-même et ceci peut trouver sa cause dans les représentations du naufrage du Titanic dans le grand public, pensons simplement au film multi-oscarisé de James Cameron sorti en 1997 et ayant réuni plusieurs millions de spectateurs.

Bien sûr, ce film n’aurait jamais été réalisé si le mythe du Titanic n’avait pas été déjà bien présent dans la culture occidentale (jusque dans la propagande de guerre nazie, voir ici et pour les recherches des liens entre Histoire et Cinéma,j’en refere à l’excellent travail de Marc Ferro) et continue d’ailleurs de l’être,la preuve étant la vente en avril prochain de près de 5000 objets liés au Titanic (ici) ou l’organisation par les archives britanniques d’une journée d’étude le 14 avril prochain avec notamment un chercheur descendant d’un membre d’équipage du dit bateau que vous pouvez d’ailleurs écouter (Infos et inscriptions ici)

Concernant la vente aux enchères évoquée ci-dessous, on peut se poser la question de l’historien face aux  divers objets mis en vente et faisant eux aussi partie des sources qui sont la base d’un travail historique. Il est heureux de noter que dans un souci d’éviter la dispersion de ces objets,ceux-ci seront vendus en un seul lot.

Un naufrage n’est pas l’autre

Si le Costa Concordia fait actuellement les gros titres,il y a pourtant fort à parier que son iconographie sera moins forte que celle de son illustre et funeste prédécesseur. Plusieurs raisons à cela : un siècle n’est pas l’autre. les moyens de communications de nos jours permettant en un temps record de diffuser des images,vidéos et témoignages des rescapés là où il fallu plusieurs jours à l’information pour faire le tour du monde en 1912. Il s’agissait au début du siècle dernier d’une certaine prouesse technique dont on avait grand cas pour son premier,et dernier,voyage et qui fut mise à mal par l’échec de sa traversée et de ses investisseurs alors que voyager sur un bateau de croisière de nos jours seraient plutôt synonyme de banalité, malgré le « toujours plus » mis en avant dans une industrie du tourisme plus concurrentielle que jamais. La localisation de la catastrophe joue aussi : dans les icebergs de l’Atlantique Nord pour l’un, à quelques centaines de mètres des côtes pour l’autre, ce qui a d’ailleurs certainement permis à des survivants de s’en sortir mais au Titanic de rentrer dans le mythe d’un navire de rêve prisonnier des glaces arctiques.

Et pourtant, Le nombre de passagers du Costa Concordia si l’on en croit la presse est d’au moins le triple de celle du Titanic ce qui laisse à penser que ce n’est pas le nombre de victime qui crée le mythe mais bien peut-être leur statut social bien que peu de chose filtrent à ce sujet concernant le Costa Concorda. Il est en tout cas connu que le Titanic transportait des personnalités de la haute société comme John Jacob Astor et Margaret Brown pourtant,c’est l’histoire d’amour d’un « troisième classe » avec une Lady « de première » qui fit le succès du film de Cameron.

On en sait un peu plus sur le nombre de passagers :

2228 personnes à bord dont :

337  en première classe

285 en seconde classe

721 in troisième classe,principalement des émigrants vers les Amériques.

885 membres d’équipage. (1)

De toutes ces personnes, seul 705 survécurent. Dans le cas du Costa Concordia, la proximité des côtes,l’arrivée des secours aura permis de réduire le nombre de décès (6 selon les dernières informations)même si,bien sûr,ce seront toujours des victimes de trop dans des circonstances atroces.

(1)